Ce coup-ci, c’est aux aurores « boisset », que les Kanibal Donuts se sont levés. Six heures du mat sur le pont. Toute voile dehors, l’équipage a mis le cap sur le centre-ville, en route vers des terres inconnues, le monde de la boulange. Fix a intégré l’équipe du « Grenier à pain » et joue à fond son rôle d’apprenti. Sésame, grain, classique, tradition… le cadet des Berthion en aura enfourné de la baguette, mais non sans quelques petits loupés. « On entendait de temps à autre le claquement de la croûte dorée sur le sol », note son aîné, témoin de la première heure. « Il a tout de même réussi à faire un cœur de ses douces mains (défi), et Dieu sait que ça me coûte de le dire. Il faut admettre qu’il était à tous les rayons et menait son monde à la baguette. J’ai pu observer un dynamisme croissant, un éclair de génie même, quand il a croisé sa religieuse. Il a cassé sa croûte avec sa mie, en est resté baba, tous les chemins mènent à Rome » poursuit un Jack inspiré. « Mon frère a toujours été toqué », affirme le président. Tiens donc.
Tout à coup, douce vision par la fenêtre de l’espace de vente, celle d’un charmant employé des services techniques de la ville qui s’adonnait à sa tonte. Derechef, Fix a quitté son plan de travail pour aller tailler 5m² d’herbe fraîche sous l’œil goguenard de l’employé. Puis il a rejoint l’équipe des boulangers, Jean-Michel, Raymonde, Benjamin, Marlène et Angelo, qui, bonne pâte, l’a laissé terminer sa fournée.
Les deux frères sont repartis à l’hôtel recharger leurs batteries, ont cassé la graine, avant de se remettre en quête d’une salle de step. Ils ont en tout comptabilisé trois crampes, trois portes fermées au nez et à la barbe et c’était bien là que le bât blessait, un gérant affirmant que le concept du club était « réservé aux femmes » ! « L’autostop est bien plus facile que l’autostep », en conclut le vice-président, résigné.
Au camping, ils feront la rencontre d’un couple de ch’tis qui les entraînera dans une folle farandole, le rigodon de Dunkerque (défi).
Excentrés de la ville, ils composèrent sur le chemin du retour un énorme bouquet de fleurs (et un sonnet avec le nom des rues) qu’ils offrirent, en tenue de Mickael Jackson, au gérant du « Melvine » (défis), le bar à huit coups de la veille.
De là, ils ont réussi à se faire inviter (défi) par Adrien, le fils du Chinois, vous savez, celui qui en s’établissant en France, avait perdu son noble caractère. Les Kanibal Donuts eurent droit à une pizza, des lasagnes et un cake. « On a critiqué toute sa bouffe il était dégouté, il nous a même menacés avec des fourchettes, mais il a senti très vite que c’était du bluff, du coup on a dû tout avouer… » explique Jack, à la dérobée. « Avec Bob, son copain (c’était vraiment son nom), ils nous ont lancé une série de défis :
‑ Apprendre quatre poèmes d’Arthur Rimbaud (Lys, Sensations, Fête galante, L’etoile a pleuré rose) © « Ce que j’ai fait en 15 minutes !»
– Faire la vaisselle pour 92 centimes d’euros puis faire la vaisselle en dansant et en caleçon © pour 10 euros « On s’en est sortis avec brio, et je pense même qu’on a fait le plein de défis lancés par des inconnus (défi) ! ».
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Et si une idée lumineuse vous parvient, lancez-vous !
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